Frise Historique des Essarts
Jusque dans les années 70, le traitement le plus courant adapté aux alcooliques était résumé aux cures de dégoût. Le mélange médicament et alcool administré aux alcooliques les rendait si malades qu'ils devaient ne plus avoir recours à la boisson… Dans les faits, ce « traitement » n'avait que peu de résultats. D'autres solutions ont été testées dont l'utilisation d'implants dans l'abdomen, après plusieurs accidents cette thérapie sera abandonnée.

Il faut attendre la fin des années 70 pour qu'une poignée de « novateurs » s'intéressent de près à ce fléau. A cette époque, le docteur Michel Cadet se partage entre ses fonctions de médecin chef de service hospitalier et celles de médecin du travail du port de Rouen. C'est à cette occasion qu'il prend conscience de l'importance de l'alcoolisme au sein du monde du travail.
Sa rencontre avec Guy Cocatrix, Président de la Croix d'Or, va être déterminante. Ils décident avec un groupe d'amis de créer un centre de soins dédié à cette pathologie qui était à l'époque plutôt mal gérée.
Ce groupe d'amis fonde la clinique des Essarts le 20 octobre 1976, sur une partie du terrain au lieu dit Saint Antoine. Ce domaine ayant été séparé en deux lors de la création de l'autoroute Paris-Deauville.

C'est donc dans un magnifique parc boisé de deux hectares situé aux confins de la forêt domaniale des Essarts que la clinique voit le jour. Proposant dès l'origine 44 lits, elle devient rapidement l'un des plus importants centres privés en France.
Le traitement qu'elle propose se base sur un double principe : il est nécessaire que le patient soit motivé et en aucun cas les thérapeutiques mises en place ne doivent induire de souffrance.

Sur cette base, les patients entrent à la clinique pour suivre un sevrage associé à différents programmes annexes. Ceux-ci sont avant tout basés sur un arrêt du toxique et sur un rétablissement physique préalable suivi d'un rétablissement mental. Le but étant de permettre au patient d'accéder à un mode de vie sans alcool. Le sevrage est réalisé sous contrôle médical permanent à l'aide de médicaments appropriés. Une prise en charge psychologique intensive intervient ensuite. Elle comprend des cours d'alcoologie, des réunions de groupe, de la sophrologie/relaxation, de la gymnastique ainsi que divers entretiens pluriquotidiens avec l'équipe de soins. A la sortie de la clinique, un service ambulatoire permet d'apporter un soutien et une prise en charge.
La mise en place de ce programme ne pourrait être complète sans l'équipe pluridisciplinaire qui y est associée. Composée de médecins alcoologues, médecins spécialistes ORL, psychiatres, psychologues, infirmières spécialisées et radiologues, tous travaillent activement vers un objectif commun. La mise en place de ce traitement et surtout ses bons résultats le font adopter rapidement par la majorité des établissements soignant des patients alcooliques.
Assurant une politique de développement soutenue, la clinique fusionne avec le centre Anne Carré de Nonancourt, 30 lits supplémentaires destinés aux femmes addictives sont alors créés.
On parle effectivement de plus en plus d'addictions et non plus seulement d'alcoolisme. Les patients reçus à la clinique souffrent désormais d'alcoolisme mais aussi de consommation de drogues, de tabagisme, de dépendance aux médicaments… Au départ de Guy Cocatrix en 1994, Michel Cadet devient le responsable de la clinique, il assumera le poste de PDG jusqu'à son décès brutal en 2004, son épouse Lylia continue depuis à gérer l'établissement.